White dog (titre provisoire)<br>

White dog (titre provisoire)

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Présentation

J’ai vu un jour dans un bal, un jeune homme danser sans relâche, danser avec une puissance de gestes et de signes inouïs. Il tenait la piste des heures durant avec un phrasé et un rythme si singulier, un imaginaire tourbillonnant, une transe, un cosmos à lui seul. Il signait littéralement son geste tout en laissant apparaître des fantômes qui peuplaient nos imaginaires.
Aujourd’hui à un moment où notre monde cède tragiquement à la tentation de revendiquer des identités figées, assignées, stabilisées, il s’est noué en moi un irrésistible désir, une urgence à imaginer une résistance en mouvement, une danse, une polyphonie qui incorpore les images passées pour restituer du présent composite, hétérogène, une danse comme une fascinante anthropologie de signes.
Cette danse est une incorporation, une cannibalisation, une appropriation, un lore sans folk des gestes qui ne sont la propriété d’aucun groupe social, la végétation d’aucun sol ; une matrice de savoir, de récits et de pratiques qui, à l’inverse est toute affaire de circulation…
Ici les danseurs, performeurs, figures ou actants partagent une condition instable où les aspects humains et non-humains se trouvent inextricablement emmêlés, des figures en devenir, ils tordent les gestes, ils radicalisent les signes, les enchantent, les raptent, les échangent contre d’autres, ils hybrident tout ce qu’ils touchent et non sans humour ils pulvérisent la ghettoïsation identitaire, avec comme devise le pouvoir du rire et la puissance du grotesque. »
Latifa Laâbissi
 
« J'ai vu, un jour, dans les Alpujarras, un oiseau immobile dans le ciel. C'était un petit rapace. Son corps, à mieux y regarder, esquissait bien quelques gestes infimes : juste ce qu'il fallait pour demeurer dans le ciel en un point aussi précis qu'intangible. Sans doute était-ce le sitio convenable pour bien guetter sa proie. Mais il lui avait fallu, pour cela même, renoncer à voler vers un but, ne surtout pas " fendre l'air ", tout annuler pour un temps indéfini. C'est parce qu'il s'était placé contre le vent – parce que le milieu, l'air, était lui-même en mouvement – que le corps de l'oiseau pouvait ainsi jouer à suspendre l'ordre normal des choses et à déployer cette immobilité de funambule, cette immobilité virtuose. Voilà exactement, me suis-je dit alors, ce que c'est que danser : faire de son corps une forme déduite, fût-elle immobile, de forces multiples. »
Georges Didi Huberman, Le danseur des solitudes

distribution

    Conception : Latifa Laâbissi
    Avec : Jessica Batut, Volmir Cordeiro, Sophiatou Kossoko, Latifa Laâbissi, Ismaël Lepage
    Scénographie et costumes : Nadia Lauro
    Création lumière : Yves Godin
    Création son : 
    Manuel Coursin
    Collaboration artistique : Isabelle Launay
    Direction technique :
    Ludovic Rivière

mentions

    Date de création : mai 2019
    Durée : à préciser

    Production : 
    Figure Project

    Coproduction :
    Le Triangle – Cité de la danse, Rennes / TNB – Théâtre National de Bretagne, Rennes / CDN Nanterre-Amandiers / CCN2 – Centre Chorégraphique National de Grenoble / CCNR – Centre Chorégraphique National de Rilleux-la-Pape … (en cours)

    Crédit photo : 
    © George Grosz, Blutiger Karneval [Carnaval sanglant], 1915-1916. Coll.part.

diffusion