Consul and Meshie<br>

Consul and Meshie

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Présentation

Les singes, tout au moins les grands singes, comptent parmi les animaux « presque humains ». Ce « presque » a fait d’eux une surface de projection pour ce qui est considéré comme humain par les humains. Au début du vingtième siècle, les chimpanzés Consul et Meshie vivaient comme des humains, chez les humains, et avaient fini par se considérer eux-mêmes comme tels. Antonia Baehr et Latifa Laâbissi revêtent leurs identités simiesques, sans garantir l’historiquement correct. Fortement poilues et libres de mœurs, impertinentes et impudiques, ces deux guenons humaines occupent une installation de Nadia Lauro qui se niche dans les musées et les théâtres, à l’écart de la scène, dans un coin tranquille. A partir de deux sièges de voitures en cuir, dont les entrailles velues se déverseront petit à petit dans l’espace, Consul Baehr et Meshie Laâbissi  s’exposeront pendant sept heures durant lesquelles les spectateurs, spectatrices pourront aller et venir en permanence.


L’homme est un singe pour l’homme. Ou : deux humains jouent aux singes, qui jouent aux humains pour les humains. Elles perdent le contrôle et le reprennent en se dressent mutuellement et en mimant l’animal docile. Elles dorment et tombent dans l’apathie, elles chapardent des mots d’ordre aux discours populistes d’extrême droite, des poses aux danses de Valeska Gert et des tours d’adresse animaliers aux clips sur youtube. Consul et Meshie seront le déclencheur d’une réflexion sur la violence des assignations qui, sur la base de normes culturelles, repoussent les corps dans la marge : « nature » et culture, ce qui nous appartient et ce qui est étranger, l’homme et la femme.
 
Installation et costumes
L’installation de Nadia Lauro prend la forme d’une œuvre autonome dans laquelle Consul et Meshie séjournent pendant la durée de la performance, se l’approprient, peut-être même qu’elles la détruisent.  Grâce à elle, elles se nichent dans les espaces institutionnels changeants des théâtres et musées. Nous occuperons l’espace entre les œuvres exposées ou des coins oubliés et à l’écart, comme par exemple la pièce sous la scène tournante du HAU 1. Il nous importe que ce ne soit pas un lieu de passage. Rester avec nous pour passer du temps ensemble doit être une décision. Le public s’en va quand il veut et arrive quand il veut.
 
L’installation et ses deux habitants, habitantes se transplantent dans l’environnement existant par un geste d’occupation, ce qui génère une situation plutôt intime, pour environ 30 à 50 spectateurs, spectatrices. Nous imaginons que l’installation ne remplisse pas la pièce entière, mais occupe plutôt « un coin » à partir duquel, comme Nadio Laura a pu le dire dans nos discussions, elle déchire une ouverture l’espace.

distribution


    Conception et interprétation : Latifa Laâbissi et Antonia Baehr

    Installation et costumes :
    Nadia Lauro


mentions

    Date de création : mai 2018
    Durée : 7h

    Production : 

    Coproduction : 
    Figure Project


    Crédits Photos :

    ©
    Der Gibbon, Aloys Zötl (1833)

diffusion